Enseigner avec les mains dans la terre
Dans la dernière semaine, notre enseignant en production horticole Rémy Boucher a été approcher par le journal local Le Progrès afin de parler davantage sur le rôle des enseignants en formation professionnelle.
ÉDUCATION. Certains visages du monde de l’enseignement demeurent encore trop peu connus. C’est le cas des profs en formation professionnelle, comme Rémy Boucher, qui s’occupe du programme de production horticole au CRIFA, à Coaticook. Chaque jour, il façonne la relève agricole.
Ancien producteur maraîcher et entrepreneur, Rémy Boucher n’avait pas initialement prévu faire carrière en enseignement. Après des études en production horticole à La Pocatière et plusieurs années à faire rouler Les Potagers d’Émylou, une entreprise qui existe toujours aujourd’hui, c’est presque par hasard qu’il a fait le saut vers la classe. “Un matin, on m’a appelé pour me dire qu’on avait besoin d’un enseignant au CRIFA. Ça commençait dans deux jours”, se souvient-il.
Aujourd’hui à sa septième année d’enseignement, Rémy reconnaît avec humilité que maîtriser un métier ne signifie pas automatiquement savoir l’enseigner. “Il y a un grand écart entre être un spécialiste d’un métier et être pédagogue. Au début, honnêtement, j’étais assez poche. J’étais encore dans ma tête de gestionnaire. Changer d’identité, de producteur agricole à enseignant, ç’a pris des années.”
Sa vision de l’enseignement, elle, n’a toutefois pas changé. “Je ne suis pas un gars de grande théorie. J’aime le savoir-faire”, plaide-t-il.
On peut donc dire que sa pédagogie repose avant tout sur le concret. Dans ses cours, on apprend en travaillant la terre, en réparant, en soudant et en cultivant. Ce choix pédagogique rejoint une clientèle adulte, souvent en reconversion professionnelle, mais aussi des jeunes qui apprennent autrement. Dès l’an prochain, le programme offrira la concomitance, permettant à des élèves de compléter leur parcours au secondaire tout en découvrant un métier.
Le programme de production horticole est également offert en alternance travail-études. Les enseignants doivent donc rester constamment à l’affût des besoins du milieu. “On est là pour former des gens, mais aussi pour nourrir notre industrie et créer de la compétence”, insiste M. Boucher.
Au-delà de toutes ces structures, ce sont les petites victoires humaines qui donnent tout son sens au métier qu’exerce l’enseignant. “Ce qui me nourrit, c’est de voir les gens se dépasser. Tu n’es pas obligé d’acheter une ferme à un million de dollars pour réussir dans ce domaine. Juste quand un élève anxieux finit par construire quelque chose de ses mains et qu’il est fier, pour moi, c’est une réussite en soi. Et c’est ça ma paie.”
Le parcours de Rémy Boucher rappelle donc que l’enseignement peut prendre plusieurs formes, parfois loin des salles de classe traditionnelles, mais qu’il repose toujours sur la même chose: la transmission, l’accompagnement et la confiance accordée à ses étudiants.
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